Rapports Regards sur les marchés de la Communication graphique

Photos

Le rapport « Regards sur les marchés de la Communication graphique » édition 2016 regroupe et commente l’année donnée toutes les informations chiffrées sur l’activité du secteur, ainsi que les dynamiques des différents marchés.

Édito

En 2015, la production française d’imprimés a perdu 4%. Cette tendance baissière s’est poursuivie au premier semestre 2016. Tous les marchés ne sont pas égaux face à cette contraction. La production des périodiques souffre particulièrement, du fait notamment de la baisse des investissements publicitaires, des coûts de la distribution, de la concurrence des imprimeurs de presse... Les annonceurs poursuivent leurs transferts budgétaires vers d’autres canaux (internet, télévision, événementiel,...) tandis que les lecteurs se tournent davantage vers leurs écrans pour s’informer.

En revanche, les imprimés publicitaires et les catalogues affichent une baisse moins prononcée. Si leur efficacité est reconnue, leurs modalités sont néanmoins repensées. Les imprimés publicitaires sont rationalisés, plus ciblés, quand le catalogue connaît un véritable relooking, avec travail sur l’image et cure d’amincissement. Ces trois supports demeurent pertinents dans le cadre des campagnes multicanales. Ces dernières s’appuient désormais sur des données plus précises, grâce au « big data » et aux réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de lecteurs ou de consommateurs, les marques interagissent avec leur communauté. Le papier s’inscrit dans cette tendance car il peut être connecté et personnalisé : connecté pour pouvoir collecter les habitudes du client, le faire participer à la création de contenu ; personnalisé pour s’adapter à lui et susciter le désir. Si internet apparaissait, il y a quelques années encore, comme l’Eldorado de la publicité, le papier peut aujourd’hui se prévaloir d’un statut à part, à haute valeur ajoutée. Il crée un lien physique, tangible, que son lecteur peut conserver, et un temps de déconnexion qui laisse toute latitude à son message pour émerger.

Cette année, le marché du livre se distingue par son dynamisme. Si, malgré la bonne tenue des ventes et le goût jamais démenti des Français pour la lecture, la production de livres imprimés diminue (- 1 %), c’est que l’heure est encore à la rationalisation. Les éditeurs de livres privilégient les tirages ajustés, les réassorts rapides, pour coller au plus près de leurs prévisions de vente, une tendance qui pourrait d’ailleurs favoriser l’impression de proximité. Soucieux de la visibilité des ouvrages en librairie, ils souhaitent aussi se démarquer, à l’aide de couvertures séduisantes et plus complexes. Cette mutation des usages et des demandes invite les imprimeurs à se diversifier. Gestion de bases de données, portails e-commerce, personnalisation, électronique imprimée, design et ennoblissement… Quelques exemples de nouveaux services qui sont autant d’opportunités pour les entreprises.

Ces perspectives nécessitent néanmoins une stratégie bien définie. Pour conquérir de nouveaux marchés ou fidéliser ses clients, l’investissement dans des outils innovants et dans les compétences des collaborateurs, ainsi que les regroupements pour se renforcer et proposer une offre complète, semblent plus que jamais nécessaires. A travers l’Institut de Développement et d’Expertise du Plurimédia (IDEP), son centre de ressources, la branche aide les entreprises du secteur à faire face à ces défis : en chapeautant des chantiers d’innovation, en créant des outils pour répondre aux problématiques d’emploi et de compétences, en fournissant des clés pour mieux appréhender les changements en cours, grâce à une veille active qui trouve un point d’orgue dans ce rapport.

Bonne lecture.